AccueilVélo électriqueTest du MapFour Roam : ce vélo vise Cube et Moustache pour moins de 2 800 €

Test du MapFour Roam : ce vélo vise Cube et Moustache pour moins de 2 800 €

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MapFour Roam 2026, vélo électrique tout suspendu avec courroie Michelin et transmission Shimano Nexus 5
Le MapFour Roam affiche des composants premium (courroie Michelin, Shimano Nexus) mais pèse 40,8 kg contre 34 kg annoncés. © Cleanrider

MapFour s’est émancipé d’Engwe pour monter en gamme et viser les marques comme Cube ou Moustache. Comme d’hab, l’idée est de faire pareil pour moins cher, et son premier flagship est le Roam. L’idée est noble, la réalisation un peu moins. Mais ça envoie du lourd.

Engwe et MapFour ont déjà collaboré sur les N1 Air et N1 Pro : un vélo proposant deux motorisations différentes (pédalier et moyeu de roue arrière), à cadre carbone, géométrie étrange et conception discutable — c’était un enfer à monter correctement — affiché à un prix bâtard de 2 000 €. Bâtard, car à ce tarif, on commence à toucher des modèles haut de gamme en promo. Et depuis trois ans, les promos sur les vélos courent toute l’année. Bref, une bonne idée mal réalisée. Depuis, Engwe est resté Engwe et MapFour s’est « émancipé » et les guillemets s’imposent, car on verra qu’il reste beaucoup d’Engwe dans l’ADN du Roam. Ce dernier est le premier modèle réellement MapFour, et le sujet de cet essai.

Des composants haut de gamme : comment MapFour joue dans la cour des grands

La recette est simple : des composants de qualité. Freinage Tektro HD-R280 avec des disques de 180 mm, moteur pédalier Mivice X700 de 100 Nm de couple, transmission Shimano Nexus 5 et, on le dit avec plaisir, une courroie carbone Michelin.

Comme souvent avec les vélos venus de Chine, on en met un peu plus dans la corbeille. La batterie affiche 720 Wh de capacité, le vélo est certifié IPX5, l’écran TFT de 3,5 pouces peut afficher un guidage GPS et les roues de 27,5 pouces sont chaussées de pneus Kenda Shield à gros crampons en 2,35 de large.

Le vélo est également tout suspendu : fourche Zoom Vaxa 32 avec 100 mm de débattement à l’avant, amortisseur central à détente réglable pour 60 mm à l’arrière. Le porte-bagages arrière supporte jusqu’à 25 kg, et les garde-boues en plastique sont de série.

À l’occasion du lancement, une sacoche noire, une sangle, un porte-bidon et un porte-panier avant sont offerts. Tout ceci pour un poids mesuré de 40,8 kg et un prix de 2 599 € en lancement, 2 799 € en tarif officiel.

Design et finition : premium en apparence, quelques choix qui interrogent

Le design ne révolutionne pas le genre, mais le coloris bleu et les soudures lissées sont appréciables. La batterie est intégrée au cadre et s’offre même un cache à clapet soigné.

Dans la rue, le Roam fait son effet et dégage une impression de robustesse assez convaincante — au point d’avoir été salué pour son style, ce qui est plutôt rare. Mais certains détails cassent l’élan : les garde-boues en plastique font bas de gamme, le gros sticker de la fourche suspendue jure avec l’ambition du reste, et la visserie comme la béquille manquent clairement de sérieux.

Dans l’ensemble, le rendu est positif — pas mal de personnes autour du testeur ont voulu l’essayer.

Caractéristiques techniques :

Prix : 2 599 € en lancement, 2 799 € officiel
Moteur : pédalier Mivice X700, 100 Nm, capteur de couple
Batterie : 720 Wh, cellules LG 21700
Autonomie mesurée : 53 km en Turbo, 70 km en Tour et en Auto. 150 km annoncés en Eco
Recharge : 2 h 08 de 6 à 100 % avec le chargeur 8 A
Suspension : Zoom Vaxa 32 à ressort 100 mm à l’avant, DNM 60 mm à l’arrière
Transmission : courroie carbone Michelin 128T, moyeu Shimano Nexus 5
Freins : Tektro HD-R280, disques 180 mm, 4,3 m d’arrêt depuis 25 km/h
Roues : Kenda 27,5 x 2,35 anti-crevaison
Poids mesuré : 40,8 kg, pour 34 kg annoncés
Charge max : 120 kg. Cycliste : 165 à 185 cm. IPX5

Un montage laborieux

Monter ce vélo n’est pas une partie de plaisir. Comme sur le N1 Pro, les attaches de câbles au niveau de la potence sont un casse-tête — et cette même potence était livrée inversée, sans raison logistique valable. MapFour a pris en compte les critiques formulées à l’époque en ajoutant un cache de maintien vissé, mais la vis utilisée est minuscule.

Cette partie est la plus ratée du vélo.

Les garde-boues, en plus de leur finition discutable, sont une galère à régler — une première. Point positif en revanche : pas de disque de frein voilé à la livraison. La tige de selle et la géométrie typée trekking permettent d’accueillir des cyclistes de 1,65 à 1,85 m sans problème. La fourche Zoom Vaxa 32 et l’amortisseur central sont clairement des composants bas de gamme — il faut bien récupérer de l’argent quelque part.

Ergonomie et confort à la hauteur

La selle, pourtant non suspendue, est très confortable et permet d’enchaîner les kilomètres sans se plaindre. Les poignées tombent bien en main, la géométrie ne tire pas sur les bras ni n’impose de courber le dos — du moins pour un utilisateur de 1,80 m. Le confort général est au rendez-vous.

Le modèle testé est à cadre fermé. Il existe une version ST à cadre ouvert, vendue au même prix, qui sera probablement plus agréable à enjamber. La béquille, en revanche, est plus fébrile que la cheville de Djibril Cissé et les fixations semblent tenir dans le temps, mais c’est à confirmer.

Le poids de 40,8 kg rend toute manœuvre à pied complexe, les roues de 27,5 pouces n’aidant pas.

Un écran vraiment utile

L’écran TFT de 3,5 pouces est parfaitement lisible en plein soleil. Couplé à l’application, il affiche un guidage GPS et informe sur l’autonomie restante, la distance estimée dans le mode sélectionné et les données habituelles de trajet.

Une application sécurisante, héritée d’Engwe

Si Engwe réussit bien une chose, c’est son application — et celle de MapFour lui est identique en tout point. Elle permet de géolocaliser le vélo et de le verrouiller électroniquement : en cas de tentative de vol, le moteur se désactive et le vélo se met à sonner.

Un mode anti-mouvement envoie une notification dès que quelqu’un bouge ou touche le vélo — à la manière du mode Sentinelle chez Tesla. Le déverrouillage se fait via smartphone par déverrouillage inductif (smartkey) : il suffit d’avoir son téléphone sur soi pour que le vélo se déverrouille automatiquement.

Il est également possible de définir une zone géographique d’utilisation autorisée.

Ce bloc intègre le GPS, la puce 4G et une batterie pour l’alarme. Le système fonctionne donc même avec la batterie principale retirée, pendant environ 1 semaine.

On peut par ailleurs régler la limite de charge et effectuer des mises à jour OTA depuis l’application.

Comportement sur route : le combo transmission-moteur est une réussite

Au guidon, le MapFour Roam est agréable. C’est un vélo fait pour rouler tranquillement : une promenade de 50 à 70 km, ou les trajets domicile-travail. La sacoche offerte prend tout son sens dans ce contexte — on peut y glisser une pochette d’ordinateur portable, le chargeur, ses clés.

Le moteur Mivice X700 est étonnant de puissance, surtout en mode Turbo, et tient bien sa puissance en crête.

L’amortissement est très mou, voire trop. La durée de vie de la fourche inspire peu confiance ; l’amortisseur central paraît plus robuste. Quelques descentes d’escaliers de petits blocs ont été franchies sans talonner, après réglage au poids du testeur — mais le Roam n’est clairement pas fait pour la descente VTT.

La selle est un vrai point fort pour les longues distances. Le freinage, en revanche, déçoit : les Tektro manquent de mordant, et le poids du vélo n’arrange rien. Avec 4,3 m pour passer de 25 km/h à l’arrêt, il faut anticiper. On ne risque pas de faire un soleil, mais il faut forcer pour s’arrêter vite.

Les modes d’assistance rappellent beaucoup ceux de Bosch, notamment le mode Auto qui fonctionne de manière identique : parfait compromis entre autonomie, assistance et effort. Le mode Turbo, lui, garde une approche « cyclable » — pas d’effet mobylette, ce qui est un très bon point.

Les pneus Kenda à crampons marqués sont taillés pour les chemins en terre, moins pour le bitume. Faciles à remplacer (pas de tubeless), ils s’adapteront selon les usages.

Le vrai point fort du Roam, c’est sa transmission : la courroie carbone Michelin — on insiste par chauvinisme — associée au moyeu Shimano Nexus 5 permet de passer les vitesses à l’arrêt et d’ajuster la tension selon l’effort. Combinée au moteur Mivice X700, c’est un sans-faute : démarrage contrôlé, progressif, avec une sensation de pédalage agréable et une assistance réactive.

Autonomie et recharge : une bonne surprise

L’autonomie se situe dans le haut du panier, surtout compte tenu du gabarit — un cycliste de 100 kg sur un vélo de 40,8 kg. En mode Turbo, par 27 °C de moyenne, il a été possible de parcourir 53 km. En mode Tour comme en mode Auto : 70 km. On reste loin des 150 km annoncés en Eco, mais le Mivice X700 reste peu énergivore pour sa catégorie.

Le temps de recharge est remarquable : le chargeur 8 A boucle l’exercice de 6 à 100 % en 2 h 08. Difficile de faire mieux.

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