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Visant le vélotaffeur néophyte à la recherche d’un vélo électrique biplace à prix contenu, le Niu BQi 200 Utility est plaisant, même s’il doit encore revoir quelques détails et composants pour vraiment convaincre.
Le fatbike électrique est une catégorie en plein essor, où de nombreux cyclistes trouvent leur bonheur, en particulier ceux qui désirent rouler à deux sur les modèles biplaces. Mais entre les modèles français haut de gamme et les importations douteuses/illégales, peu de modèles trouvent l’équilibre budget/prestations, ce que tente de proposer le Niu BQi 200 Utility.
Au prix de lancement de 1 999 €, il étrenne un cadre ouvert semi-rigide, qui repose sur de gros pneus. Il promet un bel équipement avec des accessoires inclus, ainsi qu’une longue autonomie sur le papier. Ce vélo électrique semble ainsi attractif, c’est que l’on a voulu vérifier sur une semaine de test et plus de 130 km parcourus.
Le format du fatbike électrique Niu est classique, avec ses roues de 20 pouces. Il comprend de gros pneus Chaoyang de largeur 4 pouces (100 mm), dont l’avantage est d’amortir un peu et de filtrer les vibrations.
Le VAE renforce le tout avec une petite fourche suspendue de faible débattement (63 mm), tout juste de quoi absorber les imperfections de certaines routes ou pistes cyclables. En revanche, on ne conseille pas de faire du tout-chemin, surtout que le profil des roues n’est pas adapté (mais convient aux surfaces humides). L’arrière est très rigide, surtout à deux ou le confort se dégrade un peu, même en changeant la pression des pneus.
La selle biplace est assez souple, ce qui est compatible sur de courts trajets, moins lorsque l’on dépasse les 10 km. Le passager arrière n’a cependant pas de mal à trouver sa place sur la banquette, ni le cycliste qui reste en bonne position de pédalage. Les repose-pieds manquent peut-être de largeur, tandis que le support arrière sert de poignées, certes peu ergonomique et lassant après quelques kilomètres.
Le vélo électrique ne cherche pas à afficher un tarif abordable pour ensuite faire grimper la facture avec des options. Le Niu BQi 200 inclut d’office le panier avant de grande dimension, qui supporte 10 kg. C’est utile pour mettre quelques courses ou un sac à dos, notamment lorsque l’on roule à deux. Le support arrière derrière la selle est trop petit pour des sacoches, mais sert pour un siège enfant. On peut ainsi circuler à trois. Il faut toutefois respecter le poids total autorisé de 160 kg, qui comprend celui du vélo (36 kg).
La béquille centrale mériterait d’être revue. Elle est trop frêle pour ce fatbike électrique, avec des pieds trop petits, soulevant légèrement la roue arrière, gênant l’installation du passager. Les garde-boues de largeur conséquente protègent bien des projections de poussière ou d’eau, sauf en longueur. A minima, une meilleure bavette avant serait nécessaire, tout comme un carter de chaîne afin d’éviter de se salir les pieds.
L’éclairage circulaire est une signature maison, que l’on retrouve autant sur les trottinettes que les scooters électriques. Réglable et lié à la batterie, il est certes peu puissant hors route éclairé, et incompatible avec un objet dans le panier avant… Par contre, le feu arrière est à fonction stop, c’est appréciable ! Dernier équipement, un petit boîtier donne accès à deux prises USB-C et USB-A, mais faut-il encore que le support smartphone trouve de la place sur le guidon déjà bien chargé !
Comme tout bon fatbike électrique moderne, la position du corps est passive, avec sa selle sous le niveau de potence. Le guidon haut façon BMX accentue cet effet, de quoi circuler en mode assis comme un scooter électrique. Côté maîtrise du vélo, pas d’agilité donc surtout au vu de la largeur des roues, mais cela confère un sentiment de stabilité à tout moment.

Le moteur arrière du BQi 200 est un Ananda R210 de puissance 250 W, et 530 W en pic. Son couple de 50 Nm est suffisant lorsque l’on roule seul, mais peine à deux, notamment en pente. Il faut aussi bien penser à descendre les rapports au feu rouge, car le capteur de couple est un peu latent. Cela nécessite l’intervention de la gâchette, qui lance sur les premiers 6 km/h. Celle-ci est un peu faiblarde à notre goût, comme la puissance sur les montées raides. Pour ceux qui visent de gravir à deux Montmartre à Paris ou la Croix Rousse à Lyon, passez votre chemin.
La transmission associée est un dérailleur Shimano Tourney, le plus bas de gamme du fournisseur japonais. L’amplitude des 7 vitesses est suffisante pour l’emploi de ce fatbike, or se dérègle en permanence. Les vitesses sautent ou ne descendent pas assez vite, on préfère ainsi rester en 7ème vitesse tant il est peu fiable.
On a peu à redire des freins hydrauliques Star Union. S’il n’ont pas la réputation des Tektro ou Shimano, leur mordant est présent afin de s’immobiliser sans trop crisser du pneu arrière.
Le cadre fin du Niu BQi 200 est un choix quasi obligatoire, car il doit supporter une grosse batterie à loger derrière la roue arrière. De tension 47 V, elle affiche une capacité de 14,7 Ah ou 693,7 Wh. Sur le papier, la marque chinoise indique une autonomie optimiste de 95 km en mode éco. Nous avons mesuré dans le plus élevé des trois niveaux, dans plusieurs situations. En utilisation biplace (155 kg environ avec vélo), le fatbike parcourt 50 km au mieux, et 65 km seul. En mode 2, l’autonomie semble plutôt tourner autour de 80 km, tandis que les 100 km semblent accessibles en mode 1.

Par contre, pour suivre la charge au quotidien, c’est un casse-tête. La jauge imprécise tombe avec la décharge, soit une longue distance avec 5 barres visibles sur 5, et très courte lorsque la dernière reste affichée. C’est pire en recharge, puisque la consultation de l’écran est impossible. Il faut se fier aux 4 voyants de la batterie, dont l’échelonnage est différent.
Le chargeur est semi-rapide, d’intensité 3 A ou de puissance 163,8 W. La pratique confirme le calcul théorique, soit environ 5 heures pour un plein d’énergie. En revanche, on aime moins le court câble (2 mètres) et le ventilateur bruyant dans le chargeur, qui évite au passage une surchauffe.
Le fatbike électrique est assez simpliste dans son électronique, sans pouvoir se connecter à l’application maison Niu. Le BQi 200 se repose donc sur le seul écran central au guidon. Il est néanmoins de grande taille, avec un affichage un peu criard. La vitesse en grand caractère facilite la lecture, et le niveau d’assistance est bien visible, au contraire des informations en bas d’écran.

Distance, vitesse maxi ou moyenne, on peut faire défiler le tout, mais il faut s’approcher pour bien lire. De plus, par temps lumineux, la luminosité pêche parfois, tandis qu’elle est parfaite de nuit. La petite commande déportée à gauche est aussi simpliste que l’écran, avec ses boutons +/-, celui des informations et de l’éclairage. Pas forcément la plus ergonomique, mais ça fait le job.
L’atout principal de ce fatbike électrique, c’est sans doute le tarif. Il est certes plus cher que le modèle douteux voire illégal que vous lorgnez sur certaines marketplaces, mais bien en deçà des canons du secteurs (Super73, UnikRide, Elwing/Ritmic, etc). Il mise sur 2 199 €, et même 1 999 € dans les premières semaines suivant le lancement de juillet 2026.

Disponible en taille unique et deux coloris (blanc et vert), le vélo est à commander en ligne, puis livré via un des partenaires du réseau de revendeurs Niu. Pour un éventuel essai, seuls une vingtaine sont visibles sur le site officiel déclarent posséder un modèle. La garantie de la firme chinoise est basique, soit de 2 ans pour l’assistance électrique, sans précision sur le cadre et autres composants. Dommage. Quant au SAV, il passe par téléphone ou Whatsapp, mais le revendeur reste une option à privilégier pour un contact rapide.
| Niu – BQi 200 Utility | |
| Prix | 2 199 € |
| Moteur | Arrière Ananda R210, V, 48 V, 250 W nominal (530 W pic), 50 Nm, capteur de couple |
| Batterie | Lithium-ion Hailong 693,7 Wh (14,7 Ah), non intégrée, position centrale |
| Autonomie | 70 à 95 km (mode 1 à 3) |
| Transmission | Dérailleur Shimano Tourney 7 vitesses, mono-plateau, chaîne |
| Freins | Hydrauliques Star Union, disques 180 mm |
| Fourche | Suspendue à ressort, débattement 63 mm |
| Selle | Biplace, fixe |
| Cadre | Aluminium, ouvert |
| Roues | 20 pouces, pneus Chaoyang 4″ |
| Poids | 36 kg (avec équipement) |
| Tailles disponibles | Unique |
| Charge maximale | 160 kg |
| Équipement | Garde-boues, éclairage, double béquille centrale, détecteurs de pression de pneus |
Le Niu BQi 200 Utility séduit par son équipement complet, sa bonne autonomie et son agrément général, notamment en solo grâce au capteur de couple, aux gros pneus et à sa stabilité. À deux, ses limites apparaissent davantage : moteur un peu juste, confort perfectible pour le passager et composants parfois basiques, à commencer par le dérailleur Shimano Tourney. Un premier essai convaincant pour Niu, mais une V2 serait bienvenue pour corriger ces défauts.
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